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| 23 avril 2005 - face à l'image (france 2) - page 1/4 |
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Paul Nahon : Francis Huster, bonjour. Francis Huster : Bonjour. Paul Nahon : Merci d'avoir accepté notre invitation. Je crois d'abord que vous êtes un fou d'actualité et d'infos. Francis Huster : Oui, oui oui. Je me nourris de tout ce qui se passe pendant la semaine pour piquer mes rages et mes colères, tout à fait en dehors du théâtre. Paul Nahon : Qu'est-ce qui vous a le plus intéressé cette semaine ? Francis Huster : Tout m'a intéressé mais par ordre, évidemment, toujours la bataille du oui et du non, l'élection du cardinal Ratzinguer, évidemment, e et puis la querelle aussi, du gouvernement. Paul Nahon : Alors on va en parler dans quelques instants mais tout e suite, d'abord, un petit portrait de vous-même, Francis Huster, concocté avec passion par Anne Gintzburger, avec Anne Goenne. [Portrait Extrait de la pièce « Ondine », 1975. Voix off : : Mais quel est dont cet étrange rêveur chevalier un peu lunaire et qui, redescendu de son perchoir, semble continuer à être sur scène ? Qu'importe les rôles, pourvu qu'il y est l'ivresse, la passion, les excès et les mots bien sûr. Toute sorte de mots, quelques en soit le siècle. Extrait de la pièce « Le Cid », 1985 Voix off : : Le cœur enflammé, Rodrigue, et puis encore le nez immense de Cyrano. Extrait de la pièce « Cyrano de Bergerac », 1997 Extrait de la pièce « Les Caprices de Marianne », 1970 Voix off : : Et Octave, nostalgie jeune premier de Marivaux, joueur et confident de sa Marianne. Depuis trente ans, Francis Huster court les scènes, cherche la lumière et sous les yeux de ses maîtres, déclame que le théâtre doit être pour tous. Extrait d'une émission, années 1980. Francis Huster : Dans les lycées, il faut absolument se battre pour qu'on puisse défendre les grands textes, les grandes troupes de théâtre, pour que les jeunes apprennent que la langue française c'est justement de la musique en soit, c'est quelque chose de pur. Extrait de la pièce « Mémoires d'un tricheur », 2005 Voix off : : Le costume n'a pas rétrécie et l'œillade reste vive. Cette fois, le romantique s'est épris des mots de Sacha Guitry, il est devenu tricheur. Extrait de Francis Huster sur le Stade de France, 1997 ou 1998. Francis Huster : Final de la Coupe du Monde, France – Brésil, 87ème minute, deux partout, penalty tiré par Laurent Blanc… Attention… [Il tire] Voix off : : Et si ça n'est pas du comédien ça… Fin du portrait] Paul Nahon : Si je comprends bien vous avez deux passions dans la vue : le foot et le théâtre. Francis Huster : Et une troisième… Paul Nahon : Qu'est-ce qui l'emporte ? Francis Huster : Oh le théâtre quand même. Parce que le foot c'est toujours un peu l'adolescence qui revient. J'avais été complètement foudroyé par la demi-finale en 1958, France – Brésil. Je savais pas d'ailleurs à quel point elle allait déterminer toute ma vie puisque je suis à moitié Brésilien avec Cristiana. Paul Nahon : Cristiana Réali. Francis Huster : Oui, et j'avais trouvé ce sport à l'image de ce qu'est là vie, c'est-à-dire, c'est pas toujours le meilleur qui gagne, tout peut arriver, il faut jamais céder et on peut pas faire sa vit tout seul, on a besoin d'être dans une équipe. C'est pour ça que je parlais avec tant d'émotion et de passion de la troupe. Paul Nahon : Et la troisième ? Francis Huster : La vie. Paul Nahon : C'est-à-dire ? Francis Huster : Bah, c'est-à-dire, découvrir, par exemple, dans les yeux des enfants, de mes deux filles pour ce qui me touche, Toscane et Elisa, un tel amour, une telle joie de vivre et de me dire chaque jour : mais est-ce que les hommes pourraient pas mieux s'aimer ? Est-ce que les hommes pourraient pas mieux se comprendre ? Je suis sidéré que plus la civilisation avance et plus… comme la Terre d'ailleurs, plus on s'approche d'un vrai… Paul Nahon : Les hommes continuent à se battrent. Francis Huster : Les hommes continuent à se battre mais pire que se battre, à se méprendre, à refuser de s'aimer. Paul Nahon : Alors si vous le voulez bien, on va passer à votre pièce de théâtre que vous jouez tout les soirs au théâtre des Mathurins, « Le Roman d'un Tricheur ». On va expliquer rapidement l'histoire : c'est un petit gamin qui vole quelques sous chez son père, qui le prive de dîner et à ce dîner, il y a des champignons. |