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L'homme orchestre


Francis Huster est en tournée actuellement (avant de revenir en avril sur la scène parisienne), il interprète, seul sur scène, le compositeur autrichien Gustav Mahler. Un compositeur de confession israélite qui ira jusqu'à renier ses origines pour devenir chef d'orchestre à Vienne ou quand le théâtre et l'actualité s'entrechoque. Rencontre avec " l'homme orchestre " de passage au théâtre de La Fleuriaye (près de Nantes).

Vous avez écrit, mis en scène et interprétez la vie d'un grand compositeur, Gustav Mahler. Pourquoi lui et pas un autre ?
En fait j'écris une trilogie sur la vie de 3 héros : le compositeur Gustav Mahler, Napoléon et Laurence d'Arabie. Ce qui m'intéresse avant tout, c'est décrire comme la vie car il y a 2 façons d'écrire sur des héros. Une première, j'allais dire une première à la Sacha Guitry, comme la pièce que j'ai joué et qui a inspiré cette dernière pièce avec Gustav Mahler, on parle de tous les gens qui ont connu le héros. Dans Putzi, on fait parler Sigmund Freud, Walter Gropius, Alma Mahler... La deuxième façon, c'est que le héros parle de sa vie et cette manière qui m'intéressait. Ma pièce commence le 15 Octobre 1907 à Vienne avec Mahler musicien tel qu'il était dans son Art, dans sa musique, puis je m'intéresse à Mahler dans sa propre vie : c'est quand il parle de la maladie, de sa fille, de son épouse, de pourquoi il est sur le pupitre devant ses musiciens.

La mise en scène a dû être particulièrement délicate ?
Il fallait avant tout retrouver l'atmosphère expressionniste germanique et cet atmosphère des films muets... cette lumière. Et puis la scène se passe à l'Opéra de Vienne avec Gustav Mahler sur le podium, devant son pupitre et sa partition. Ce podium c'est autre chose qu'un podium à la fin comme un bateau pour un marin a une autre dimension que pour nous terrien. Et puis il y a la seconde partie où Mahler nous parle de sa vie privée mais je peux pas vous en dire plus ! Vous avez vu le film 6è SENS ? Avec ma pièce, c'est pareil je ne peux pas vous en dire plus mais vous allez voir à la fin vous allez être estomaqué !

A la lecture de votre ouvrage, on est agréablement surpris par le travail collossal de documentation que vous avez entrepris...
C'est 5 ans de travail à lire tous les livres relatant cette période et Gustav Mahler. Je me suis beaucoup basé sur un ouvrage de H-L de la Grange et puis sur les correspondances d'Alma Mahler (la femme du compositeur), Freud, Walter Gropius... Cette histoire se base sur des faits historiques. Et je n'ai pas fini puisque pour Napoléon cela fait 10 ans que je fouine, je lis et que je me renseigne.

Revenons à Gustav Mahler : un grand compositeur autrichien d'origine juive qui ira jusqu'à renier ses origines. L'actualité actuelle en Autriche nous prouve malheureusemenbt que tout n'est pas fini ?
Vous savez j'utiliserai cette maxime : le passé est toujours présent. Je suis très satisfait du succès de ma pièce et de la confiance que m'accorde le public. En fait, les gens qui viennent voir ma pièce apprennent non seulement sur l'histoire amis aussi sur eux-mêmes. Vous savez c'est comme lorsque vous écoutez un concert de Mozart ou regardez un film, vous vous sentez parfois touché ou sensible... En revenant au message de ma pièce, ne reniez jamais vos origines, vos racines. C'est à partir de vos racines qu'un homme se construit et pas seulement dans sa vie artistique pour un artiste mais dans sa vie d'homme. Pour s'accomplir on ne doit pas se couper de ses racines. Et puis on doit laisser quelque chose sur terre : cela peut-être dans la musique, les sciences, la famille. Et puis la grande question c'est plus " Etre ou ne pas être " comme le disait Hamlet mais " Avoir ou ne pas avoir ", que laisse-t-on sur terre...

Mais cette course à la postérité n'est-elle pas dangereuse surtout chez les artistes et les intellectuels ?
Vous avez tout à fait raison. J'ajouterai que ce sont les intellectuels qui posent des questions et les artistes qui trouvent des réponses à ces questions. C'est très bien que les intellectuels, les savants posent des questions que le commun des mortels ne se posent pas mais ce sont des artistes ou plutôt des génies comme Malher ou Mozart qui trouvent des réponses à ces questions existentielles.

Soyons un brin plus terre à terre, quels sont vos projets. On a entendu récemment que vous étiez nommé à la tête d'un théâtre parisien ( NDLR : Théâtre du Rond-Poinb des Champs Elysées ) ?
Là-dessus, je n'ai aucune déclaration à faire. Pour être clair : no comment. Par contre question Télévision, je tourne jusqu'à fin Juin un téléfilm Le Grand Patron où je joue le rôle d'un grand patron de la médecine. Je vais tourner cet été un film en 2 parties : Julien l'apprenti. J'ai tourné aussi un film sur la guerre de Jacques Otmzeguine qui sera diffusé sur France 3 et Arte. Un film d'ailleurs qui a été sélectionné au dernier festival de Monte-Carlo et puis j'ai le projet d'un grand feuilleton estival comme je l'avais fait avec Terre Indigo. Mais mon rêve c'est de rejouer au théâtre avec ma femme Cristiana Réali !

Vous êtes dans l'Ouest de la France en ce moment, une région qui aime beaucoup le ballon rond, est-il vrai que vous avez une télévision, les soirs de match, dans les coulisses ?
(Rires) Non pour cette pièce avec Gustav Mahler, je suis seul sur scène et en plus il n'y a pas d'entractes mais j'enregistre.

Stéphane Dugast

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