Le Zodiaque a trouvé son maître
On retrouve les survivants de l'été 2004 dans «Le maître du Zodiaque». Une saga encore plus noire, en cinq épisodes, diffusée sur RTL-TVI dès ce dimanche.
Correspondante à Paris
Claude-Michel Rome ne voulait pas d' «un vague remake». Il a accepté de réaliser la suite de «Zodiaque» à condition de «réinventer une histoire, en ne conservant qu'un cousinage avec l'histoire précédente». Avec un budget de 11 millions d'euros (coproduction TF 1, Fontana, RTL-TVI), ce fan de James Ellroy signe donc la mise en scène du Maître du Zodiaque, cinq nouveaux épisodes de 90 minutes (RTL-TVI, chaque dimanche, à 20h20). «Zodiaque conservait encore un côté romantique. Cette fois, nous sommes dans le thriller, avec une dimension de saga familiale minorée. On s'attaque aussi à une institution, une université élitiste à l'idéologie nauséabonde», précise le réalisateur.
Au-delà de l'empreinte mystique, aussi forte que sur «Zodiaque», on retrouve les codes de la saga d'été: deux familles (les Daguerre et les Saint-André) qui se haïssent, portent de lourds secrets et sont rattrapées par leur passé; des personnages plus qu'ambigus; des sentiments troubles et de multiples rebondissements. Les curseurs de ce polar ésotérique ont été poussés plus loin en termes d'action, de noirceur, mais pas trop quand même si l'on se réfère à cette scène de massacre dans les couloirs de l'Institut Daguerre (qui fait penser à «Elephant» de Gus Van Sant) que TF 1 - qui entamera la diffusion le 10 juillet - a décidé d'expurger de ses éléments les plus violents.
Le procès du Zodiaque
L'histoire démarre à New York, où Esther Delaître (Claire Keim) s'est réfugiée avec son fils adoptif, Quentin Saint-André, depuis les drames qui ont secoué Aix-en-Provence. Spécialisée en astrologie criminelle, elle collabore avec le FBI et s'apprête à venir témoigner à Aix au procès de son jumeau Mathias (Yannis Baraban), le fameux Zodiaque, auteur de nombreux meurtres. Avant sa mort (la première d'une longue série), la mère d'Esther l'a supplié de ne pas revenir en France.
A peine arrivée, Esther est rattrapée par une nouvelle affaire criminelle. Une enfant (Lucie Daguerre) a également disparu. L'enquête est confiée au commissaire Antoine Keller (Francis Huster), le tombeur du Zodiaque, et au capitaine de gendarmerie Eva Trammel (Natacha Lindinger), sulfureuse brune. Une nouvelle venue qui introduit un élément scénaristique intéressant: un rapport triangulaire de rivalités amoureuses et professionnelles entre ces protagonistes, mais qui demeure soft. «Il est évident qu'on ne va pas montrer des relations homos ou bisexuelles à 20h50», reconnaît Claude-Michel Rome.
Outre le choix des rives du Lac Léman pour installer l'essentiel de l'intrigue, on note une évolution certaine, en particulier pour les caractères principaux. A commencer par Esther. «Elle n'est plus aussi fraîche, naïve, lisse. Elle n'est pas indemne de tout ce qu'elle a vécu, elle est plus humaine et peut se tromper», résume Claire Keim, sortie épuisée de ce tournage.
Encore habité par Keller, ce personnage «obsédé par sa mission», Francis Huster ne s'est pas protégé non plus. «J'ai minci, passé des nuits blanches, travaillé le faciès chaque matin, pour y inscrire une rigidité, un rictus. A la télé, il y a 80pc de gros plans, donc il faut bosser sinon vous y laissez votre peau!», confie le comédien.
Moins glamour et moins novateur que «Zodiaque» (10,8 millions de téléspectateurs en moyenne sur TF 1 en 2004), «Le Maître du Zodiaque» devrait séduire, grâce notamment au talent des comédiens, en particulier les seconds rôles (Jérôme Anger, Stéphan Guérin-Tillié, Boris Terral, Josy Bernard, Patrick Bosso, André Oumansky...), et au machiavélisme des scénaristes Franck Ollivier et Malina Detcheva
Caroline Gourdin
© La Libre Belgique 2006
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