Le jour le plus long
Francis Huster a participé, de bonne grâce, à une journée de promotion entre Genève et Lausanne. Un marathon pour vanter "Le maître du Zodiaque", dont il est un des héros.
Il débarque du TGV de Paris, l'air rêveur, un peu fatigué. Un passager comme les autres qui se soumet avec le sourire au contrôle douanier à la gare de Cornavin à Genève. Francis Huster s'apprête à passer une journée à enchaîner les interviews. Chaque minute compte; ainsi Pierre-Michel Meier, le journaliste de Radio Lac, lui pose ses questions dans la voiture qui emmène l’artiste à la Radio suisse romande. A peine sorti du véhicule, le comédien, traînant sa valise à roulettes, se retrouve dans le studio du boulevard Carl-Vogt, face à Alain Maillard pour l'enregistrement de Recto-verso sur RSR1. La conversation débute sur le feuilleton de l'été, Le maître du Zodiaque, tourné en bonne partie en Suisse romande, au bord du lac Léman, puis le feu des questions dévie sur le football, l'autre passion de Huster."Je suis perplexe quant à une victoire de la France, car une équipe ne peut gagner la coupe sans patron, sans créateur. C'est une équipe qui cherche avant tout à ne pas perdre, mais pas à gagner. Pourtant, j’ai fait un choix, donc je les soutiens et je les soutiendrai toujours. En 1998, Cristiana (ndlr: Reali, son épouse) était habillée en jaune et vert, les couleurs du Brésil et moi, je m'étais peint le visage en bleu, blanc, rouge, sauf que je l'avais fait à l'envers; je me suis retrouvé au stade, seul spectateur avec le visage aux couleurs des Pays-Bas!"
Il enregistre les matches et les regarde le soir. Pourquoi ? Parce que la journée, il réalise et joue dans son deuxième film. Tourné à Chambourcy et Paris, Le vrai coupable est adapté du roman de Patricia MacDonald, Not Guilty, et sera diffusé en primeur sur TSR1 au début de l'an prochain. Vingt-sept acteurs, dont Marine Delerme, Linda Hardy et Charlotte Kady se partagent l'affiche.
Déjeuner en presse
Heureusement que les studios de la Radio romande à Genève jouxtent ceux de la TSR, car il reste dix minutes pour rallier le Journal de 12 h 45 présenté par Laurent Huguenin. Francis refuse dans un premier temps de se faire maquiller, puis cède gentiment. Sur le plateau, à nouveau les questions fusent sur le feuilleton de l'été et sur le foot. N'est-il pas lassé de toutes ces répétitions? "Non, pas du tout, je ne comprends pas les acteurs qui ne jouent pas le jeu de la promotion. Si on est fier d'un film, il faut le faire savoir." Contrairement à certains artistes, il ne snobe pas la télévision, bien au contraire: "Les gens dans la rue me parlent comme si je faisais partie de leur famille, et ils ont raison puisque je suis rentré dans leur salon, grâce à la petite lucarne." Fan de Desperate Housewives, 24 heures chrono et Lost, il est persuadé que la télévision française suivra l'exemple et deviendra plus audacieuse.
Dans la hall de la TSR, près de la sortie, une jeune femme l’arrête; elle organise un festival de théâtre à l’automne et lui demande si elle peut lui laisser ses coordonnées. Toujours souriant, Huster s’empare de la carte de visite en lui disant: "Mon assistante vous contactera." Un taxi l’attend pour l’emmener au Café des Bains. La patronne le reconnaît et lui tend son livre d’or dans lequel figurent notamment les signatures de Patrick Bruel et de Doc Gynéco. Le comédien mange léger: un caviar d’aubergines en entrée, des spaghettinis à la courgette en plat principal, mais, gourmand, il ne peut résister aux meringues aux fraises, nappées de crème fouettée. Il ne boit que de l’eau plate, comme pendant tout le reste de la journée. A sa table, Alain Meury et Christian Maillard, journalistes sportifs à la TSR et au Matin, Adélita Genoud de la Tribune de Genève. Toujours et encore le foot, mais aussi le film qu’il tourne actuellement: "C’est une autre façon de filmer, avec des plans différents, vous verrez, vous serez surpris." Il montre en primeur quelques plans sur son ordinateur portable.
L’esclandre
15 h: une voiture avec chauffeur vient le chercher. Destination: le Lausanne Palace. Le comédien n’aura que vingt minutes pour déposer sa valise dans la chambre et se rafraîchir. 16 h 30: direction Ouchy, où il pose pour des magazines au bord du lac et sur le bateau des Delamuraz, qui a servi de décor à certaines scènes du Maître du Zodiaque. 18 h: retour au Lausanne Palace pour le cocktail en compagnie de la production et d’une partie des figurants, dont des gendarmes vaudois. Et dernières interviews avec les quotidiens régionaux. Soudain un journaliste, mécontent de ne pas avoir Huster en tête à tête, invective l’attachée de presse de la TSR: "Cela fait quarante minutes que j’attends, je m’occupe du cinéma pour La Première et pour Couleur 3, on ne m’a jamais traité ainsi!" Et il s’en va. Est-ce un débutant pour ignorer que le métier de journaliste, c’est souvent beaucoup de patience? Francis Huster jaillit de sa chaise et lui court après en lançant: "Je vais l’engueuler, je ne me suis pas levé à 6 h pour qu’il se défile!" Que lui a dit le comédien?
Mystère, toujours est-il que lorsque qu’il revient, il est suivi de celui qui se fait appeler professeur Y. Ce fut la seule fausse note dans la journée particulière de monsieur Huster.
Patricia Martin
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