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27 juin 2008 - france soir


Francis Huster : « Mentir, c’est le devoir de l’homme politique »


Francis Huster fait revivre, sur scène, la célèbre bataille de Waterloo. Epatant…

Pourquoi avoir choisi le texte de Victor Hugo Waterloo ?
Il y a vingt ans, je faisais du one-man-show pour casser mon image d’acteur de la Comédie-Française. Jean-Louis Barrault m’a alors dit que je me déshonorais et m’a parlé de ce texte. Je lui ai promis qu’un jour je viendrais sur scène avec. Je trouve aussi que cette pièce est avant-gardiste, qu’elle reflète très bien notre époque.

Interpréter un tel texte, seul sur scène, c’est tout de même une prise de risque...
Oui. C’est un peu comme un tir au penalty. J’ai adapté le texte en 1996. J’ai tout de même attendu douze ans avant de le monter sur scène. La Gaîté Montparnasse est un vrai petit théâtre. Il y a une liberté de ton et une diversité dans les spectacles. En tant acteur, c’est agréable d’y jouer.

Etes-vous un traqueur ?
Oui. Ce qui est perturbant, c’est que plus l’on devient élèbre et que l’on vieillit, plus on a le trac. Quand on dépasse les 40 ans, le trac arrive quand on ne s’y attend pas. C’est le trac de l’émotion. Mes textes me travaillent, je les regarde tous les jours.

Vouliez-vous rendre hommage à la Comédie-Française ?
Oui, en quelque sorte. Le message que je voudrais faire passer est qu’aujourd’hui la Comédie-Française est comme un jeune théâtre national. Il faudrait deux Comédie-Française, car la vraie Comédie-Française n’existe plus. Les troupes ne se forment plus. C’est bien dommage. Le théâtre, c’est comme au foot, il faut un virtuose. Le virtuose forme l’équipe.

Parlez-nous de votre film avec Jean-Paul Belmondo…
C’est le plus beau souvenir de ma vie cinématographique. Jean-Paul Belmondo était l’acteur idéal. Rendez-vous dans six mois, j’espère que ce sera un énorme succès populaire. J’aimerais vraiment réaliser une dizaine de films dans les années à venir, un peu comme Clint Eastwood. Je le trouve extraordinaire. Il n’a tourné que des films à sujet contradictoire.

Quelle est, selon vous, la vocation d’un comédien ?
Le comédien doit faire passer un message contre le racisme, contre la pauvreté, contre l’injustice. La différence entre les hommes politiques et les comédiens est que les hommes politiques sont tous des comédiens alors que les comédiens disent vraiment ce qu’ils pensent. Moi, je suis pour les acteurs qui choisissent les textes dont ils partagent les valeurs. L’acteur doit s’impliquer encore plus politiquement. Mentir, c’est le devoir de l’homme politique. Les acteurs, c’est tout à fait différent.

Waterloo, avec Francis Huster, théâtre de la Gaité Montparnasse, 26, rue de la Gaîté, 75014 Paris. Du mardi au samedi à 19 h 30 et le dimanche à 15 h 30. Tarifs de 20 à 35 euros.

Ingrid Bernard

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