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20 octobre 2000 - l'humanité


La vie devant soi


Julien a dans la peau la fille de son patron artisan fourreur, juif, et nous sommes en 1933.

Julien a quatorze ans, en 1933, quand il entre comme apprenti chez un pelletier parisien. Pour ce gamin dont le père est mort sur le front pendant la Grande Guerre, cela signifie, au-delà de l'entrée dans le monde du travail, la découverte de l'univers des adultes. C'est à la faveur d'une livraison chez un artisan fourreur juif que sa vie va basculer : amoureux de la fille de la maison, il est choisi comme apprenti par le père. Le jeune " goy " découvre la vie de famille et l'amour chez son patron alors que le poison antisémite commence à empoisonner l'Europe.

"Roman d'initiation" historique, ce téléfilm en deux parties (suite demain soir) est une belle réussite. Mêlant petites et grandes histoires, mettant en scène des personnages qui sonnent tous juste, il conte d'abord " l'apprentissage " d'un jeune homme, son initiation. Les acteurs jouent tous admirablement : Francis Huster - qui rend ici hommage à son grand-père, tailleur, juif polonais réfugié en France, et mort à Auschwitz - , Marianne Basler, le jeune Gaspard Ulliel... Ils sont servis par une histoire finement écrite et par des dialogues vivants à souhait. Dans ce premier épisode, l'insouciance règne encore, les rugissements de la bête immonde ne parviennent pas à troubler l'atelier de monsieur Rosmer, mais on sait bien qu'elle s'active outre-Rhin. Demain, son ombre se répandra sur l'univers de Julien...

Dany Stive

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