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18 juillet 2008 - le figaro


Dans la tête de... Francis Huster


En janvier 2009 sortira sur les écrans Un homme et son chien, un film où Francis Huster a dirigé son ami Jean-Paul Belmondo et qui fait sa fierté. En attendant, l'acteur enflamme seul les planches de la Gaîté-Montparnasse avec Waterloo *, un texte adapté des Misérables de Victor Hugo. Au Backstage Café, « annexe » du théâtre où nous le retrouvons, seuls deux clients occupent les tables : Jacques Weber (qui joue au même endroit Sacré nom de Dieu !) et lui. Habité par sa passion, il commande un hamburger « king size », un Coca-Cola et un Perrier, puis se raconte avec appétit.

La grandeur de Victor Hugo ?
Une puissance politique qui défend des valeurs européennes.

Votre bataille ?
Un théâtre, une troupe, un répertoire.

L'adolescent que vous étiez a-t-il assouvi tous ses désirs ?
Maintenant que j'ai réalisé Un homme et son chien, oui.

Qu'y a-t-il de plus théâtral en vous ?
Ma voix.

Et de moins théâtral ?
Mes mains. Elles parlent à la caméra, pas au public. Au théâtre, je joue avec les yeux.

Le compliment qui vous horripile ?
Au début de ma carrière, je n'aimais pas qu'on dise de moi : « C'est le nouveau Gérard Philipe. » ; au milieu : « C'est le fils de Jean-Louis Barrault. » ; et à la fin : « C'est le nouvel Eastwood. »

La critique que vous préférez ?
« Il en fait trop. » L'acteur de théâtre est un monstre qui doit déborder en tout. Au cinéma, le comédien est une star qui doit être inaccessible. Et à la télévision, il doit être un membre de la famille, humble et imprévisible.

Que vous reproche-t-on ?
De me prendre pour Napoléon. En fait, je me prends pour Bonaparte.

Qui regrettez-vous de ne pas avoir connu ?
Jean Gabin et Louis Jouvet.

Le casting idéal d'un dîner chez vous ?
Cristiana Reali, Yves Le Moign', Jacques Spiesser, François Florent, Jean-Louis Livi, Jean-Paul Belmondo et Antoine Duléry.

Ce qu'il y a de gauche en vous ?
Mes opinions.

Et de droite ?
Ma passion du théâtre.

La personne avec qui vous aimeriez vous retrouver coincé dans un ascenseur ?
Si nous sommes plongés dans le noir, Barack Obama. Et dans la lumière, Nicolas Sarkozy. Je leur dirais ce que je pense de leurs projets politiques.

Pathologie personnelle ?
N'écouter que moi.

Vos adresses préférées ?
A Paris, j'aime m'habiller chez Mr Jo, près de la Bastille, déjeuner au restaurant japonais Hansan de l'avenue Victor-Hugo, écrire au Crillon et apprendre mes textes en arpentant les trottoirs des Champs-Elysées.

L'hôtel où vous pourriez habiter ?
L'Elysée.

Votre mauvais goût ?
Quand je ne suis pas en smoking, je m'habille comme un clochard.

Vos vues préférées ?
Les Champs-Elysées en automne, Les Fermes de Marie, à Megève, en hiver et le bois de Boulogne au printemps.

L'objet dont vous ne pourriez pas vous passer ?
Mon portefeuille.

Vous trouvez-vous beau ?
A ce propos, j'ai dit hier, jaloux, à Jacques Weber : « Toi, tu es un beau vieux et, moi, je suis un vieux beau. »

Vos films préférés ?
Les Enfants du paradis, Jean Moulin, Les Dames de la Côte, La Ruée vers l'or, Certains l'aiment chaud...

Le chef-d'oeuvre qui vous tombe des mains ?
Tout Stendhal. Blocage total...

Parmi les modes actuelles, y en a-t-il une que vous trouvez particulièrement ridicule ?
Le cirque que font les footballeurs après avoir marqué un but.

Votre désir le plus inavouable ?
Que Belmondo décroche un césar avec mon film.

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