Francis Huster, acteur engagé
Francis Huster est de retour sur la scène du CADO en mars pour Mémoires d’un tricheur. Pour Loiret.com, l’acteur nous parle de la pièce, de son attachement à la scène du CADO et de son actualité.
Vous avez mis en scène et vous jouez dans Mémoires d'un tricheur. Pouvez-vous nous présenter la pièce ?
Mémoires d'un tricheur est tirée du livre du même nom de Sacha Guitry, qu'il avait adapté dans le film Roman d'un tricheur. J'ai repris le titre original pour cette mise en scène. Il s'agit de l'histoire d'un petit paysan du Calvados qui, parce qu'il a volé huit sous dans la caisse de l'épicerie familiale, est privé du plat de champignon qui coûtera la vie à toute sa famille. Il va vite en déduire que voler peut sauver la vie... Dérision, cruauté, révolte sont les mots qui caractérisent cette pièce. C'est une histoire attachante, pleine de drôlerie, j'y explique même comment tricher dans un casino ! J'aime cette pièce car elle tient vraiment de l'esprit de Sacha Guitry, un auteur qui tout comme Marivaux au XVIIIe siècle a su passer outre l'époque terrible dans laquelle il vivait pour parler de joie et d'amour. Cette joie est une force.
Durant votre passage au CADO, vous présenterez également des conférences-spectacles sur Molière ?
Oui, j'ai déjà fait ce type d'exercice autour de Sacha Guitry et Albert Camus. Je souhaite que les spectateurs sortent avec une idée différente de Molière. Pour moi, le Molière que je sers depuis des années est différent de l'idée commune que l'on s'en fait. Je n'en dis pas plus, ce sera une surprise.
Vous semblez attaché à la scène orléanaise. Vous êtes d'ailleurs parrain de l'association « Les amis du CADO » ?
En effet. C'est un théâtre populaire doté d'un espace scénique magnifique. J'y ai joué La Peste, Le Cid et c'est avec un grand plaisir que j'y reviens. C'est d'ailleurs un heureux hasard que la 500e de Mémoires d'un tricheur se fête au CADO ! La qualité de programmation de ce théâtre est incomparable. Le nombre d'abonnés conquis le confirme. Lorsque les directeurs Loïc Volard et Jean-Claude Houdinière m'ont proposé d'être parrain de l'association « Les amis du CADO » aux côtés d'Anny Duperey, c'était tout naturel pour moi d'accepter, une façon de rendre hommage à leur travail.
Qu'appréciez-vous dans ce travail ?
Au-delà du succès du CADO, je partage avec eux la même vision du théâtre : le travail d'une troupe avant tout. La programmation est éclectique tout en laissant une grande place à la scène française. Je suis contre cet esprit qui conduirait à séparer les théâtres public et privé en réservant à chacun un certain champ théâtral. Ils s'apportent l'un l'autre ! Pour moi, il n'y a qu'un seul théâtre et je refuse d'être catalogué dans un style ou un autre.
Comment choisissez-vous les films ou pièces sur lesquels vous travaillez ?
Je choisis au coup par coup, en fonction de ce qu'il se passe dans le monde. Peu importe que ce soit un film, un téléfilm ou une pièce, le tout est de mesurer quel support servira au mieux l'histoire. Par exemple Jean Moulin, une affaire française (1) n'aurait pas été aussi bien servi par une pièce sur Jean Moulin. Quant à Mémoires d'un tricheur, je l'ai choisie parce que j'estime que la France est dans une situation difficile, je souhaitais faire une pièce gaie pour que les gens « respirent ». Et comme les salles sont combles, je ne pense pas m'être trompé !
Quels sont vos projets ?
La tournée de Mémoires d'un tricheur se poursuivra jusqu'en juin 2007. En février prochain sortira sur TF1 le téléfilm Le vrai coupable que j'ai adapté du livre Not guilty (2) d'un fameux auteur de romans policiers : Patricia Mac Donald. J'y joue notamment aux côtés de Jean-Pierre Cassel, Marine Delterme, Linda Hardy, Charlotte Kady et bien d'autres. Je retrouverai ensuite probablement Molière sur scène.
(1) téléfilm de 2003
(2) titre français : « Un coupable trop parfait »
J.S.
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