« Je rêverais d'être ce tricheur »
Francis Huster sera chez nous la semaine prochaine dans une pièce de Sacha Guitry.
BRUXELLES. Il était déjà venu à Bruxelles au mois d'octobre pour présenter une première fois au public belge Mémoires d'un tricheur. Nous l'avions alors rencontré, le charmant et élégant Francis Huster. Pas avare de mots, surtout quand il s'agit de parler de sa passion pour le théâtre et l'un de ses maîtres, Sacha Guitry...
Pourquoi avoir choisi ce texte de Sacha Guitry, plus sombre que les autres ?
Parce que, justement, il est différent. C'est le vrai Sacha Guitry de cette époque, dans les années 30. Il est alors déçu par la vie, par les femmes, par la politique. La France est alors coupée en deux. Lui, décide de pousser un cri, en décidant de s'amuser de tout.
Vous avez écrit un livre sur Sacha Guitry, vous vous intéressez beaucoup à l'artiste et au personnage. Qu'est-ce qui vous fascine chez lui ?
C'est un peu comme si j'étais un chanteur, je chanterais du Trenet. Sacha Guitry était plus qu'un comédien. Ses pièces sont construites magnifiquement. Ce sont des mots d'esprit. Et au-delà, il y a une véritable moralité. Il est critique sur son époque. Il explore tous les codes de la bourgeoisie. Ce qu'il faisait n'était pas du tout cliché. Guitry est un génie.
Ce tricheur, dont vous prononcez les mots sur scène, a une philosophie de vie douteuse. Se rapproche-t-elle de la vôtre ?
Je rêverais d'être proche de ce personnage ! Mais ce n'est pas moi. Il n'a ni femme ni enfant. Il est désenchanté, a un côté presque dangereux. On sent que ce type-là a vécu. Mais il est attachant.
Vous êtes aussi le metteur en jeu de cette pièce et sur scène vous vous donnez sans compter. Ce n'est pas trop épuisant ?
C'est vrai que le rythme est infernal. C'est du 100 à l'heure. Le corps agit de la même façon que le texte. Toutes les phrases révèlent quelque chose. C'est virevoltant. Comme une marionnette qui s'agite...
Vous êtes passionné par votre métier. Vous avez construit votre vie avec une comédienne (Cristiana Réali, NdlR). Auriez-vous pu aimer une femme qui ne soit pas une actrice ?
Non. Et c'est à un point tel que j'espère que mes deux filles feront elles aussi le même métier. Je vais les y encourager, d'ailleurs.
Vous étiez déjà en Belgique en octobre pour Mémoires d'un tricheur. Notre pays, c'est un passage obligé ?
Obligé, non. C'est plutôt un moment privilégié, je dirais un passage indispensable pour moi.
Mémoires d'un tricheur, du 15 au 21 janvier au Centre culturel d'Auderghem . Infos et réservations : 02/660 03 03.
Propos recueillis par Ch. V.
© La Dernière Heure 2007
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