« Ce n'est que grâce au public que j'ai pris tous les risques »
L'acteur sera cette année à l'affiche de deux spectacles donnés à Orléans, à l'invitation du CADO. On le retrouvera dans "Mémoires d'un tricheur" du 16 mars au 1er avril, puis dans une conférence spectacle, "Molière, le patron", en tournée dans tout le département.
Quels sont les points communs entre Molière, Guitry et Huster ?
Nous sommes des êtres solitaires, des gens qui refusent de vieillir et qui abordent le thème de la révolte contre le monde. Nous sommes des gens qui se rebellent et qui fuient dans un autre.
C'est-à-dire ?
Que Molière a fui le roi, que Guitry a fui son père et que moi j’ai fui la Comédie-Française pour retrouver Jean-Louis Barrault qui fut pour moi un père.
Pourquoi entretenez-vous un rapport aussi proche avec le public ?
Parce que c’est grâce à lui que j’ai pris tous les risques et que je fais ce métier librement. Aujourd’hui, avec cette conférence Molière, je veux montrer aux plus jeunes ce qu’était ce patron animé par l’amour du métier de comédien et par l’amour des comédiens.
Molière le patron et Guitry le magnifique ne sont toutefois pas vos seuls auteurs de prédilection...
Depuis toujours je m’acharne à rattraper, non pas le temps perdu mais le temps passé. J’ai écrit une pièce sur Lawrence d’Arabie que depuis deux-trois ans j’essaie de rencontrer. De même que Chaplin par le biais d’une pièce que mon frère a écrite. Mais je ne sais pas si je suis encore mûr pour ces rôles.
Quels sont vos autres projets ?
Actuellement je tourne Le vrai coupable en tant que metteur en scène. C’est mon virage Eastwood. En vérité, je voudrais faire dix films, porter de grandes œuvres à l’écran et surtout Le Misanthrope. Il est là, à côté. Je vais essayer de le prendre par la main et de bientôt l’emmener.
Parvenez-vous à vous apaiser ?
C’est en tout cas le propre de l’artiste d’être toujours en quête. Quand je m’arrêterai, ce n’est pas quand je n’aurai plus rien à dire mais plus rien à cacher.
Un dernier mot ?
Une fois encore je suis heureux d’être aux côtés de Jean-Claude Houdinière et de Loïc Volard. Le CADO, c’est notre TNP. Un havre pour les acteurs et pour les spectateurs. Jamais ici nous n’avons l’impression d’être en tournée. Mais de jouer chez nous.
Jean-Dominique Burtin
|