Interview dans Match N°2987 - Du 17 au 23 Août 2006
» Comment passe-t-on d'une série codifiée au rôle principal d'un film noir à l'américaine ?
Au printemps dernier, j'ai reçu un coup de téléphone de Francis Huster. Il voulait me voir une heure plus tard dans un café en face du théâtre où il jouait. Il m'a parlé d'un livre de Patricia MacDonald qu'il voulait porter à l'écran. Il avait déjà réalisé et colorié 1 800 petits dessins expliquant les scènes du film : un travail de titan. Il savait exactement comment l'aborder. Cela m'a mise en confiance. Comme il est également professeur de théâtre, je me doutais qu'il savait diriger les acteurs. Nous sommes tous les deux des obsessionnels du travail. En guise de préparation, il m'a demandé de regarder tous les films de Hitchcock et de m'inspirer de ses héroïnes.
» Qu'en attendait-il ?
Chez Hitchcock, les comédiennes montrent sur leur visage autre chose que ce qu'elles disent ou ce qu'elles sont. Elles développent également un érotisme froid. C'est ce à quoi il voulait arriver. Je dois dire qu'il m'a magnifiquement filmée. Il aime déstabiliser ses acteurs : on répétait des scènes d'une certaine façon, et, au dernier moment, il nous demandait de jouer exactement le contraire.
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